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Un jour, un conte

Aélis et le vieillard

Un conte d’Amélie Feloussi

mardi 25 mai 2004

Ecrire un conte, c’est comme préparer une potion magique... On a beau connaître la recette par coeur, cueillir les ingrédients les plus bizarres, suivre srupuleusement les étapes de la cuisson, aucun chaudron n’a le même goût. D’une sorcière à l’autre, d’un écrivain à un autre, la transformation est différente malgré les ressemblances de l’écriture très codifiée du conte. Les élèves se sont lancés dans l’expérience de l’écriture guidée pour des résultats...très surprenants parfois. Il était une fois le conte... Bonne lecture !

Il était une fois une paysanne qui s’appelait Aélis, mais personne ne l’appelait par son prénom. En effet, on la surnommait « la dame des foins » car elle était toujours dans ses près, qui bordaient sa ferme. Il ne fallait pas la déranger quand elle était là-bas, sous peine de la mettre en colère. La nuit, elle dormait sur le foin, elle ne voulait pas dormir chez elle, pour être sûre que personne n’irait dans ses près. En réalité, elle n’aimait pas trop la compagnie des gens. Elle était toujours vêtue d’une blouse et d’un pantalon noir, avec un chapeau rouge, très rouge, et des petites sandalettes aux pieds. Ses cheveux étaient blonds comme le foin, ses yeux étaient noirs.

Un jour, un message mystérieux se posa au gré du vent devant les portes coulissantes de sa ferme. Aélis faillit déchirer ce message mais la curiosité fut plus forte et elle le lut. Ce message était comme un appel de détresse : on lui demandait de retrouver un animal magique, qui était (en réalité) une fée qui venait du paradis. Ainsi, Aélis, curieuse et intriguée, se mit en chemin sans plus attendre pour retrouver cet étrange animal. C’était sa quête désormais. Elle avait envie d’accomplir des exploits fabuleux, c’était peut-être le moment ou jamais... Elle gravit des montagnes, traversa des collines, et les jours passaient sans qu’elle ne trouve des indices de la créature. Il faut dire qu’elle ne savait pas exactement à quoi elle pouvait ressembler, elle savait juste qu’il fallait marcher toujours tout droit, sans se retourner. Marcher toujours, sans cesse. Elle finit cependant par se décourager, se fatiguer, et voulut retrouver ses près de foin, pour pouvoir s’allonger, dormir dessus et sentir ce parfum qu’elle aimait tant.

Un matin pourtant, « la dame des foins » rencontra sur sa route un vieillard. Celui-ci se lamentait car il avait très mal aux pieds. Alors « la dame des foins » lui offrit ses pauvres sandalettes et le vieillard put à nouveau marcher sans sentir les douloureux cailloux de la route sous ses pieds. Pour la remercier, le vieillard lui confia une baguette magique qui n’était qu’un simple bout de bois, sans autre artifice, sans étoile au bout, ni ruban, ni objet lumineux, ni couleur, juste un bout de bois, en lui disant que celui-ci l’aiderait toujours dans sa quête et la protégerait du mal.

« Ah bon ? Ce bout de bois est une baguette magique, vous vous moquez de moi, non ?

"-Non, c’est une vraie baguette magique ! Lorsque vous vous sentirez en danger, prenez-la entre vos doigts, et pensez très fort à son pouvoir, il fera le reste...

"-Je veux bien vous croire, si vous le dites. Merci beaucoup, déclara Aélis ».

Puis, la paysanne fit ses adieux au vieillard et reprit sa route. Elle ne pensait pas qu’il était si agréable d’aider quelqu’un et de lui parler. Aélis se sentait plus forte pour affronter de nouveau sa longue route. Elle traversa des près qui lui rappelèrentt les siens. Elle était un peu triste, mais continuait son chemin, bien décidée à trouver cet animal merveilleux. Elle se nourrissait de fruits et de baies, dormait à la belle étoile et marchait sur la mousse des arbres. Elle rencontra parfois des gens méchants qui se moquaient de son allure, mais elle continuait son chemin sans rien dire, c’était de toute façon inutile de parler avec eux. Les jours passèrent et elle finit de nouveau par se décourager.

Un soir, elle arriva enfin à un château maléfique, qui n’en avait pas l’air quand on le regardait (c’est toujours ainsi d’ailleurs...). Il était très joli avec ses deux grandes tours blanches. Il était recouvert de diamants partout et de petites étincelles également qui éblouissaient les yeux. La dame des foins passa par les jardins qui l’entouraient et essaya de grimper sur un mur car toutes les portes étaient fermées pour y entrer. Elle n’y parvint pas à cause des diamants car elle glissait à chaque fois. C’est alors qu’elle se trouva nez à nez avec une vieille dame qui avait un nez énorme, des habits noirs, des petits yeux sournois. Elle était très laide avec un visage ridée, des cheveux très longs de couleur gris. Elle avait des mains salies avec des ongles très longs et déformés. Cette vieille dame lui dit :

« Pour rentrer en ce lieu, il te faut résoudre l’énigme suivante : trouve ton chemin à travers le labyrinthe qui se situe juste derrière toi, et qui contient... des pièges. Forcément !

"-Je n’ai pas peur, je suis protégée, répondit Aélis.

"-Par quoi ? Par ce bout de bois ? Tu n’y penses pas !

"-Laissez-moi faire, vous verrez bien, dit Aélis, sûre d’elle."

Heureusement, Aélis avait le bout de bois, la baguette magique, que lui avait remis le vieillard. Alors, elle la serra fort dans la main, pensa à son pouvoir et se laissa guider dans ces lieux, en évitant ainsi tous les pièges. Sauvée ! Et la dame des foins repartit sans demander son reste. Elle put ainsi pénétrer dans le château.
Après quelques temps, elle arriva devant une grande porte en bois qui était fermée. Elle ouvrit cette porte à l’aide de la clef qui se trouvait accrochée au mur. Elle découvrit un jardin merveilleux qui était vraiment très joli, avec des fleurs partout, des petits arbres bien taillés, et de grands buissons aux formes surprenantes. Elle commença à traverser ce jardin. C’est alors, qu’elle se trouva face à face avec un aigle noir au regard perçant, qui pouvait parler. Il était très grand, plus grand que tout ceux qu’elle avait déjà vus auparavant. Le bout de ses ailes était brillant. Cet aigle noir déclara d’une voix grave :

« Si vous voulez continuer votre chemin, vous devez trouver un diamant rose et bleu, qui se trouve parmi tous les diamants accrochés à ce mur...

"- Mais, il y en a tellement, comment voulez-vous que je trouve le bon ? demanda la jeune fille, inquiète.

"- Débrouille-toi, c’est bien là le moindre de mes problèmes..."

Mais Aélis avait son bout de bois, la baguette magique que lui avait remis le vieillard. Alors, elle le prit contre elle et commença à chercher ce diamant. Elle serra très fort le bout de bois dans ses mains en pensant à un diamant rose et bleu. Elle finit par le trouver, il se trouvait au milieu de tous, juste sous ses yeux. Et la dame des foins prit ses jambes à son cou, sous le regard furieux de l’aigle noir.

Après quelques temps, elle arriva devant une seconde porte qui était, elle, en cristal, ornée de pierres précieuses, très belles et très brillantes. Elle poussa la porte. C’est alors, que la dame des foins se trouva face à un dragon géant qui crachait du feu. Quoi de plus normal ? Ce dragon gronda, en crachant quelques flammes rouges :

« Pour continuer votre route, vous devez vous battre avec moi.

"-Je n’ai pas peur, répondit Aélis, qui mentait admirablement bien. "

Heureusement, Aélis avait son bout de bois, la baguette magique que lui avait remis le vieillard. Alors, elle pensa très fort à son pouvoir, le serra très fort dans ses mains, et soudain le dragon se transforma en une vache avec des oreilles de cheval, une queue de cochon, des dents de lapin, une tête de serpent, et des pattes velues de mammouth. Et la dame des foins fila plus vite que le vent, toute surprise de cette transformation. Mais dans sa course, elle perdit son bout de bois.

Enfin, Aélis aperçut une forêt enchantée au loin. Les arbres parlaient entre eux, et protégeaient cet animal magique qu’elle cherchait depuis si longtemps. Elle était presque au bout de ses peines, mais avant de retrouver cet animal mystérieux, elle devait franchir une forêt d’épines. La dame des foins se demanda comment elle allait bien pouvoir faire sans l’aide de son bout de bois qui lui avait tant servi. Alors qu’elle se lamentait sur son sort, elle vit soudain apparaître le vieillard qu’elle avait déjà rencontré. Il portait toujours ses sandalettes. Celui-ci lui dit doucement :

« N’ayez pas peur, jeune fille des foins, croyez-moi, vous y arriverez. Pensez très fort au pouvoir du bout de bois, faites comme si vous l’aviez encore dans vos mains. La magie est en vous, peut-être..."

Aélis, peu rassurée, suivit les conseils du vieillard, et la forêt d’épines disparut. La dame des foins avait réussi : elle se trouva nez à nez avec cet animal magique qui était un oiseau aux plumes multicolores, une fée du paradis transformée. Un oiseau incroyable qui pouvait répandre la paix dans le monde entier. Elle fut soulagée et contente d’avoir réussi ces longues épreuves. Elle se tourna vers le vieillard qui était resté à ses côtés et lui dit :

« Plus jamais je ne resterai seule désormais. Je vais inviter tous les gens de mon village dans mes près pour faire une grande fête et apprendre à les connaître. Cette aventure m’a appris tellement de choses que je veux les partager..."

C’est ce qu’elle fit immédiatement à son retour, et elle eut en quelques temps de nouveaux amis. Plein d’amis ! La Dame des foins était aux anges. Le monde était vraiment en paix. Pour de bon.

Par Amélie Feloussi, sixième Arts et Culture


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